A - I n f o s

a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **
News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts Our archives of old posts

The last 100 posts, according to language
Greek_ 中文 Chinese_ Castellano_ Catalan_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ _The.Supplement

The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours | of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006 | of 2007 | of 2008 | of 2009 | of 2010 | of 2011 | of 2012 | of 2013 | of 2014 | of 2015 | of 2016 | of 2017 | of 2018 | of 2019 | of 2020 | of 2021 | of 2022 | of 2023 | of 2024 | of 2025 | of 2026

Syndication Of A-Infos - including RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups

(fr) Monde Libertaire - DES IDEES ET DES LUTTES: Histoire des révoltes populaires en France

Date Fri, 8 May 2026 22:16:11 +0100


En couverture de l'ouvrage, une manifestation, une des innombrables du monde ouvrier, plus particulièrement les mineurs du Pas-de-Calais, reconnaissables à leurs casques. Ils portent des drapeaux rouges effilochés, femmes, enfants, hommes, ils crient leur colère et leurs revendications. Insensiblement me reviennent les paroles du chant Le Drapeau rouge écrit par Paul Brousse en 1877:

«Les révoltés du Moyen-Âge
L'ont arboré sur maints beffrois.
[...]
Le voilà! Le voilà! Regardez!
Il flotte et fièrement il bouge,
Ses longs plis au combat préparés,
Osez, osez le défier!
Notre superbe drapeau rouge!
Rouge du sang de l'ouvrier!»

Gérard Vindt, dans son livre Histoire des révoltes populaires en France, inscrit les Gilets jaunes dans la longue suite des révoltes en France. «Inédit, le mouvement des Gilets jaunes, mais pas sans rappel explicite du passé révolutionnaire du pays.»

De quoi parle-t-on?

Le choix des mots est fondamental. Parle-t-on de révolte, de rébellion, de fureur pour reprendre le mot de Christine de Pizan, d'émeute ou tout simplement de mouvements sociaux. Chaque terme correspond à un temps de l'Histoire. Un point commun, ce sont des protestations des gens du commun, même si les militants sont souvent issus de la classe moyenne cultivée. Du XIIe au XXIe siècle, ils s'opposent au pouvoir, à la coercition, à l'Etat et au capitalisme en construction, comme le montre le premier chapitre. Et contre ou pour quoi? Il est des continuités, telle la protection, la sécurité insuffisamment assurées, mais aussi le refus d'une injustice nouvelle, le mépris des dominants à l'égard des «gueux». Un chapitre complet est consacré aux actions menées, l'exercice de la violence, la circulation de la protestation. Comment les autorités, la société réagissent-elles? quelles sont les appuis de ces révoltes? J'ajoute que Gérard Vindt complète son approche de la société française par des échos en Europe démontrant des interconnexions.

En 96 pages de texte, belle performance, il souligne les révoltes paysannes et celles des villes, leurs spécificités, contre le seigneur des lieux et le patriarcat communal comme à Laon mais aussi la grande Jacquerie de 1358 en Ile-de-France et au-delà contre les seigneurs. Des noms un peu oubliés, celle des Tuchins, celle des Maillotins, la révolte des Croquants en Périgord, les Bonnets rouges en Bretagne contre la soldatesque, le fisc. La famine est une réalité dans le royaume. Songeons à la «guerre des farines» en 1775 contre les «affameurs». Parfois la révolte se porte contre les agents recruteurs forçant le volontariat des engagés. De ce fait, en contestant le recrutement de l'armée, c'est le pouvoir royal qui est menacé. Et au fil des pages, nous voyons émerger les révoltes des esclaves, les premières révoltes ouvrières dont celle des célèbres Canuts en 1831, celle dite des «quatre sous» à Anzin en 1833.

Quelle logique dans ces mouvements?

Le mouvement ouvrier se structure, la question sociale prédomine avec la création de la CGT en 1895, la multiplication des grèves et l'apothéose de 1936. La révolte n'est pas nécessairement «de gauche». Gérard Vindt évoque celles contre les «jaunes» (1886, l'affaire Watrin. Pascal Dessaint. Ed. Rivages, 2023), les étrangers comme à Aigues-Mortes (De sel et de sang, Fred Paronuzzi et Vincent Djinda. Ed. Les Arènes BD, 2022), les menées des ligues en 1934. Après la Seconde guerre mondiale, la France connaîtra les révoltes coloniales, le poujadisme et bien sur 1968, la révolte contre l'autorité.

Le sentiment de révolte après 1980 s'affiche contre les responsables des inégalités et de la précarité, le patronat français, les instances européennes. Les acteurs de ces révoltes dépassent parfois la notion de classe sociale: les femmes, les jeunes et plus globalement les nouveaux mouvements sociaux.

Y a-t-il une logique dans ces mouvements? Peut-on prévoir l'éclatement d'une révolte? Rappelons-nous Le Monde du 15 mars 1968: «Quand la France s'ennuie...» ou l'explosion des Gilets jaunes, qui le prédisait? C'est une part du lien social, une force du «ça suffit». Les responsables politiques s'imaginent que cela va passer encore une fois et puis un jour... Cet ouvrage synthétique accompagné d'une riche bibliographie ouvre efficacement la réflexion des militants, des acteurs de la vie sociale.

* Gérard Vindt
Histoire des révoltes populaires en France
Ed. La Découverte, coll. Repères Histoire, n°759, 2026

https://monde-libertaire.net/?articlen=8967
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center