|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
_The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours |
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025 |
of 2026
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Courant Alternative #356 (OCL) - Ce n'est pas les vaches qu'il faut abattre mais le virus Capitaliste et son vecteur, l'Etat
Date
Mon, 12 Jan 2026 17:58:22 +0000
Les médias rabâchent en boucle que face à la Dermatose nodulaire
contagieuse (DNC) «il n'y a pas d'autre alternative» et que les mesures
d'abattage total s'appuient sur des normes internationales fondées sur
des études scientifiques. ---- C'est à la fois vrai et faux. ---- Il est
vrai que c'est ce que recommandent les normes internationales (Code
sanitaire des animaux terrestres de l'Organisation Mondiale de Santé
Animale, OMSA, ex OIE), normes qui sont reprises dans la Réglementation
Européenne, seule compétente en matière de règles vétérinaires dans les
27 États membres de l'Union Européenne. ---- Mais il faut bien avoir en
tête que ces normes ne sont pas des normes sanitaires mais des normes
COMMERCIALES. Le but des normes de l'OMSA (et donc de l'UE) n'est pas de
protéger la santé des animaux mais de garantir la libre circulation
internationale des animaux et de leurs produits. Ces normes sont
définies dans le «Code sanitaire des animaux terrestres et aquatiques»,
dont le site de l'OMSA nous dit lui-même qu'il s'agit de» normes pour un
commerce international sur des animaux terrestres et aquatiques et de
leurs produits».
L'Organisation mondiale de la santé animale est l'une des trois
«organisations soeurs» (avec le Codex Alimentarius de la FAO et la
Convention International pour la Protection des Végétaux de la FAO) qui
sont reconnues par l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) pour
établir des normes qui permettent de mettre des limites au principe de
libre échange total des produits. Ces limites au commerce international
sont définies dans l'accord SPS (Sanitary and PhytoSanitary) de l'OMC
qui «établit un cadre multilatéral de règles et disciplines pour
orienter l'élaboration, l'adoption et l'application des mesures
sanitaires et phytosanitaires afin de réduire au minimum leurs effets
négatifs sur le commerce»
Ces normes sanitaires ne visent donc pas à protéger la santé des animaux
(ou des hommes) mais à s'assurer que les échanges internationaux de
produits agricoles ou alimentaires se font sans distorsion de
concurrence pour des motifs sanitaires. Car le noeud du problème en ce
qui concerne la DNC se trouve dans une question économique et pas
sanitaire: l'élevage bovin viande (allaitant)à en France est organisé
selon deux modèles économiques totalement différents. En temps de «paix
sanitaire», ces modèles ne sont pas en compétition et cohabitent entre
eux. Le modèle dominant est celui de l'élevage de jeunes animaux
(broutards, animaux de 6 à 12 mois) qui sont ensuite envoyés en Italie
où ils seront engraissés pour y être abattus. Ce marché représente plus
de 1 milliards d'euros annuels d'export.
Le second modèle économique, minoritaire, est celui de l'engraissement
en France, pour le marché local.
Le premier modèle est plutôt celui de grosses exploitations, localisées
notamment en bourgogne (bovins de race charolaise), limousin (limousine)
et centre de la France (charollais et limousin). Le président de la
Fédération Nationale Bovine (FNB, branche bovins viandes de la FNSEA)
est un de ces gros producteurs dépendant de l'exportation de leurs
broutards vers l'Italie.
Le second modèle est plutôt celui de petites exploitations, notamment
dans le Sud-Ouest (Occitanie, nouvelle aquitaine), et ils ne sont pas
tributaires des exportations de broutard.
L'irruption de la DNC fait que les exportations de broutard vers
l'Italie ont été suspendues dans un premier temps et aujourd'hui plus ou
moins restreintes selon les zones d'origine des animaux (zone indemne,
zone restreinte ou zone vaccinale). La vaccination généralisée
entrainerait aussi une entrave à l'export vers l'Italie, les régions
italiennes qui ne sont pas affectés par la DNC refusant l'importation
d'animaux vaccinés ou alors avec des conditions très complexes à
respecter. Les deux modèles économiques qui cohabitaient jusque-là sont
désormais antagonistes, l'intérêt des uns n'étant plus compatible avec
celui des autres.
C'est exactement ce qui s'est passé avec l'influenza aviaire dans les
filières volailles, où les intérêts de la filière poulet et ceux de la
filière canard (foie gras) étaient antagonistes sur la question
sanitaire. Les autorités n'accordaient de crédit et d'intérêt qu'à la
filière poulet (et notamment LDC, premier producteur français et l'un
des leaders européen) Il a fallu 10 ans d'abattages systématiques, et
des indemnités record de 1 milliard d'euros en 2023 pour que l'État
accepte d'envisager de changer de paradigme sanitaire en autorisant la
vaccination (alors que les vaccins étaient techniquement prêts depuis
plusieurs années et que des entreprises de vaccin françaises avaient
fait des offres de production ...) . Or il s'est avéré que ce changement
de paradigme ne s'est pas accompagné d'une explosion d'influenza, au
contraire... (même s'il y a plus de cas cette année que les années
précédentes il y a un consensus aussi bien scientifique que
professionnel que sans campagne de vaccination les dégâts seraient
beaucoup plus importants).
La bataille des normes qui se joue aujourd'hui est en fait une bataille
pour le modèle économique. Soit on privilégie le commerce international
et transfrontalier, soit on privilégie l'économie localisée.
Le modèle économique dominant, celui du capitalisme libéral et
globalisé, oblige à adopter des mesures qui passent par l'abattage total
dans l'espoir d'enrayer la diffusion de la maladie et de circonscrire la
maladie à certaines zones localisées. Donc quand on entend des
scientifiques dire «on n'a pas d'autres alternative» c'est vrai: dans le
système économique capitaliste libéral on n'a pas d'autre alternative.
Mais si on opte pour un autre système économique, la vaccination
généralisée est aussi une solution scientifiquement possible.
(L'argument de dire que si on n'abat pas totalement on risque de voir
mourir demain 1,6 millions d'animaux du fait de la maladie est vrai si
on ne vaccine pas mais faux si on vaccine: la vaccination réduit la
mortalité des animaux. Certains seraient certes porteurs du virus mais
pas morbides au point d'en mourir.)
Ceci étant dit, même si on vaccinait totalement, on resterait dans le
cadre d'un capitalisme localisé et souverain, mais qui ne changerait
rien à la condition des éleveurs qui resteraient tributaires des
entreprises d'abattage (le groupe Bigard notamment) et des entreprises
de distribution alimentaire (seulement 5 distributeurs en France:
Carrefour, Auchan, Leclerc, Intermarché, Super U) qui font le marché et
les prix, étranglant les éleveurs qui sont pourtant ceux qui créent
notre alimentation.
Déjà avant la DNC, le taux de suicide chez les agriculteurs et notamment
les éleveurs de bovin viande était très élevé. C'est bien qu'il y a un
problème systémique, que la DNC ne fait que mettre en lumière. Ce ne
sont pas les vaches qui sont malades, c'est le système capitaliste qui
est malade, capitalisme qui par sa recherche effrénée de profit fait se
répandre les maladies au gré des routes commerciales, est la cause du
réchauffement climatique qui entraine diffusion de vecteurs de maladie,
mets en concurrence les agriculteurs qui rognent sur la biosécurité pour
diminuer les charges de production, organise la délocalisation des
productions de vaccins et médicaments nécessaire à la santé des animaux
et des humains et les réserve uniquement aux plus riches, etc. ...
Le vecteur de cette maladie mortelle du Capitalisme est l'État, qui lui
sert d'instrument pour imposer son pourvoir, via les lois et tout son
système répressif. Ce qui s'est passé aux Bordes sur Arize n'était pas
une mesure sanitaire mais une démonstration de force de l'autorité de
l'État. Il est évident que les éleveurs des Bordes sur Arize n'allaient
pas prendre le maquis avec les 208 vaches à sacrifier. Il n'y avait pas
besoin d'un tel déploiement de matériel militaire, sauf à ce que l'État
veuille envoyer un message: il dispose du monopole de la violence et
entend bien l'utiliser si besoin.
Si on veut vraiment protéger la santé des animaux, des plantes, des
écosystèmes et des humains, ce ne sont pas les vaches qu'il faut abattre
mais le capitalisme mortifère et son instrument de pouvoir qu'est l'État
Un vétérinaire rouge et noir
P.-S.
Nous reprenons, avec leur accord, cet article diffusé par la CNT-AIT.
Ce texte peut être téléchargé sur leur site https://cnt-ait.info/ sous
forme de tract.
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4610
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center