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(fr) Alternative Libertaire #367 (UCL) - Australie: Face à la menace fasciste
Date
Sun, 11 Jan 2026 18:17:13 +0000
Nos camarades de l'organisation Anarchist Communist Federation (ACF) ont
récemment publié un article sur la montée du fascisme en Australie dans
leur journal Picket Line. Nous retranscrivons ici cet article qui fait
état de l'accroissement des idées et des actes d'extrême droite dans ce
pays. ---- Partout dans le monde, l'extrême droite prend le pouvoir
comme par exemple aux États-unis, au Royaume-uni et en France. Et
aujourd'hui, en Australie, l'extrême droite gagne du terrain. Le 31aout,
des rassemblements coordonnés intitulés «March for Australia» (Marche
pour l'Australie) ont eu lieu dans tout le pays. Des dizaines de
milliers de personnes ont été mobilisées sous les mots d'ordre: «Mettons
fin à l'immigration massive» et «Gardons l'Australie blanche». Ces
rassemblements ont été organisés, et dans de nombreuses villes dirigés,
par le National Socialist Network (NSN, pour Réseau
national-socialiste), une organisation nazie.
L'implication du NSN était évidente dès le début, mais cela n'a pas
empêché des politiciens et politiciennes comme Pauline Hanson [1] et Bob
Katter [2] d'y participer en tant qu'oratrices et orateurs. Au moment où
nous préparons ce numéro de Picket Line, le parti One Nation de Hanson
est passé de 6% à 12% dans les sondages.
Parmi les pays listés précédemment, aucun n'est encore arrivé au stade
de la dictature fasciste. Mais la menace du fascisme est réelle et
croissante.
L'une des différences essentielles entre aujourd'hui et les années 1930
est que la résistance de la gauche est beaucoup plus faible. Sans la
menace de la lutte des classes, le capital limitera les tendances
antidémocratiques de l'extrême droite, préférant un gouvernement de
droite ordinaire au fascisme. Mais partout où les travailleurs et
travailleuses se soulèvent, la droite et les patrons se radicalisent
contre la démocratie capitaliste.
L'extrême droite en Australie
Ici, en Australie, l'extrême droite ne dispose pas d'un parti important
au parlement, et le nazisme est une idéologie marginale. Mais l'arrivée
d'un groupe marginal au gouvernement n'est pas impossible. Des partis
comme le Rassemblement national trouvent leurs origines dans ce type de
clubs néofascistes, et Nigel Farage influençait déjà le Parti
conservateur britannique bien avant que Reform UK [3] ne prenne la tête
des sondages.
L'extrême droite a déjà tenté de se généraliser. En 2015, un groupe
hétéroclite de néonazis a tenté de capitaliser sur l'islamophobie avec
Reclaim Australia [4]. Se faisant passer pour des «mères et pères
ordinaires», ils et elles ont réussi à mobiliser des milliers de
personnes dans des campagnes racistes, comme celle visant à empêcher la
construction d'une mosquée dans la ville de Bendigo.
Les contre-mobilisations antifascistes ont contribué à faire échouer ces
campagnes. Mais la vérité est que nous avons aussi eu de la chance.
Reclaim était désorganisé et dominé par des dirigeants stupides
incapables de s'entendre. Il était également relativement facile de
découvrir qui était derrière tout cela et de révéler leur véritable
agenda. En fin de compte, ce sont les mesures répressives de la police
qui ont le plus contribué à écraser les fascistes et les antifascistes.
Ce que nous voyons aujourd'hui est différent. La crise générale dans
laquelle se trouve le capitalisme nous a rattrapés. Le soutien aux
grands partis est en forte baisse et les gens se radicalisent sous
l'effet du mouvement de masse en faveur de la Palestine. Dans ce
contexte, le NSN représente un nouveau type de menace. Comparé aux
groupes d'extrême droite précédents, il est discipliné et bien organisé.
Il affiche également ouvertement ses opinions politiques. Contrairement
à Reclaim, il n'essaie pas de tromper les gens pour qu'ils soutiennent
le fascisme. Son objectif est de démontrer sa force en tant que
puissance capable d'écraser la gauche. Il a pour but d'intimider
violemment les socialistes, les personnes queers, les migrants et
migrantes et les autochtones -comme le montre l'attaque contre le
campement de protestation autochtone, Camp Sovereignty [5]. En se
donnant une image de puissance, il vise à renforcer ses rangs et à
servir de troupes de choc pour un mouvement d'extrême droite plus large.
À en juger par la réaction de nombreux participants et participantes à
la «Marche pour l'Australie», ce mouvement plus large est ouvert à
l'idée d'inclure des nazis dans sa coalition.
Antifascisme signifie lutte des classes
Nous ne pouvons pas ignorer la vermine fasciste qui envahit nos rues.
Les petites choses peuvent mener à de plus grandes. Cela vaut aussi bien
pour nos ennemis que pour nous-mêmes.
La classe ouvrière a tout intérêt à vaincre le fascisme, car celui-ci
n'a pour unique but que de détruire le mouvement ouvrier par le biais de
meurtres de masse. Lorsque les choses tourneront mal et que la
révolution sera à l'ordre du jour, les patrons et les politiciens
capitalistes seront enclins à s'y joindre.
Ainsi, lorsque les fascistes se mobilisent, nous devons en faire autant.
Non pas en petits groupes vêtus de noir et cherchant la bagarre, mais en
tant que masses de travailleurs et travailleuses. Nous devons affronter
les fascistes directement, en tant que syndicalistes, anarchistes,
marxistes, féministes et groupes communautaires organisés. Tout comme
nous, les fascistes se sentent démoralisés lorsqu'ils sont en
infériorité numérique et empêchés de défiler. Nous devons tendre vers ce
but.
Mais à long terme, la mobilisation seule ne suffit pas. Nous devons nous
organiser. Les racines du fascisme se trouvent dans les crises générées
par le capitalisme. Le fascisme ne pourra jamais être vaincu tant que le
capitalisme survivra. Aux travailleurs et travailleuses qui ont cédé à
l'apathie, et même à celles et ceux qui sont sensibles aux mensonges
fascistes et à la désignation de boucs émissaires, nous devons offrir
une véritable solution. Cette solution, c'est la solidarité de classe.
C'est la lutte contre les patrons et contre le gouvernement, en faisant
front en tant que classe ouvrière unie. La solution, c'est la révolution.
Anarchist communist federation, organisation soeur australienne de l'UCL
Notes:
[1] Sénatrice et figure de l'extrême droite, fondatrice du parti
national-conservateur Pauline Hanson's One Nation.
[2] Député et fondateur du parti nationaliste et conservateur Katter's
Australian Party.
[3] Parti d'extrême droite issu d'une scission du parti UKIP, partisan
du Brexit.
[4] Parti australien ouvertement islamophobe.
[5] En 2025, plusieurs néo-nazis de NSN ont attaqué des Aborigènes lors
d'une manifestation. Attaque qualifiée par la suite de «crime de haine».
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Australie-Face-a-la-menace-fasciste
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