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(fr) Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Nous dénonçons l'offensive impériale contre le Venezuela
Date
Sat, 10 Jan 2026 19:09:18 +0000
Cette déclaration a été préparée et signée par les organisations membres
de la Coordination anarchiste latino-américaine (CALA) fin décembre
2025, avant l'intervention étasunienne. ---- La Coordination anarchiste
latino-américaine et ses organisations soeurs condamnent les menaces
d'intervention directe au Venezuela du gouvernement américain, sous
l'impulsion de l'administration Trump. ---- Ces tentatives et menaces
d'intervention ne sont ni des incidents isolés, ni une réponse
temporaire à de prétendus problèmes de «sécurité», de «trafic de drogue»
ou de «terrorisme». Au contraire, elles s'inscrivent dans une longue
histoire d'ingérence impériale en Amérique latine et dans les Caraïbes,
dont les effets ont systématiquement pesé sur les peuples et les classes
opprimés de la région.
L'histoire est bien connue: chaque fois que les États-Unis ont invoqué
ces prétextes, il en a résulté une dévastation sociale, une perte de
souveraineté et des violences. Le Panama en 1989, l'Irak en 2003 et les
multiples interventions dans notre région démontrent qu'il ne s'agit pas
de «défendre la démocratie», mais bien d'exercer un contrôle politique,
militaire et économique. Dans le cas du Venezuela, ces menaces
s'ajoutent à plus d'une décennie de blocus économique qui a durement
affecté le quotidien de la population, aggravant les pénuries, la
précarité et la détérioration des conditions de vie.
À cet égard, il est essentiel de souligner que l'agression impérialiste
ne punit pas les élites dirigeantes, mais s'abat directement sur les
populations. Les blocus, les sanctions, l'intimidation militaire et
l'asphyxie financière ne sont pas des outils «chirurgicaux»: ce sont des
mécanismes de guerre économique visant à briser la résistance d'un
peuple entier, à le discipliner et à le contraindre à accepter un ordre
établi.
Un exemple récent et frappant de cette logique est l'acte de piraterie
et le vol flagrant d'un pétrolier vénézuélien par des militaires
américains armés, qui l'ont arraisonné et confisqué sous couvert de
sanctions unilatérales. Au-delà des subtilités juridiques invoquées par
Washington pour justifier ces actions, il s'agit manifestement d'un acte
de piraterie moderne: l'utilisation du pouvoir militaire, judiciaire et
financier pour s'approprier des ressources. Il ne s'agit pas seulement
d'une attaque contre l'État vénézuélien, mais aussi d'une agression
directe contre le peuple, car chaque cargaison saisie, chaque bien
retenu et chaque propriété confisquée aggrave les conditions de vie
imposées par le blocus.
Qui plus est, leur mépris pour la vie humaine est manifeste dans la
facilité déconcertante avec laquelle ils ont lancé des explosifs contre
des bateaux de pêche au large des côtes vénézuéliennes, privant ces
personnes non seulement de leurs moyens de subsistance, mais aussi de
leur vie et de leur droit à se défendre contre des accusations non
fondées. Le massacre a été télévisé et célébré par les dirigeants.
Ces types d'actions révèlent clairement ce que signifie aujourd'hui
«l'ordre international» défendu par les États-Unis: un système où les
grandes puissances s'arrogent le droit de décider qui peut commercer,
qui peut produire et qui mérite d'être puni. Le droit international est
sélectif, souple pour les alliés et d'une rigidité brutale pour ceux qui
ne s'y soumettent pas. Dans ce contexte, la saisie de navires, le gel
des avoirs et les sanctions économiques fonctionnent comme des armes de
guerre, même s'ils sont présentés comme des mesures administratives.
L'attribution récente du prix Nobel de la paix à María Corina Machado
s'inscrit dans la même logique de cynisme et de deux poids, deux
mesures. Ce type de récompense n'exprime pas des valeurs universelles,
mais plutôt des alliances géopolitiques. Loin de constituer une
véritable défense des droits du peuple vénézuélien, cette reconnaissance
s'apparente à un geste politique des puissances impérialistes envers une
dirigeante qui a ouvertement soutenu les sanctions, les blocus
économiques et les menaces d'intervention. La droite vénézuélienne, loin
d'offrir une issue aux classes laborieuses, se présente ainsi comme un
partenaire indispensable d'une stratégie qui aggrave les souffrances et
la dépendance sociales.
La réapparition explicite de la doctrine Monroe dans de récents
documents et déclarations du gouvernement américain ne fait que
confirmer cette orientation. Le vieux slogan «L'Amérique aux Américains»
- autrement dit, pour les intérêts de Washington - est de nouveau
affirmé sans détour, réaffirmant l'idée que l'Amérique latine est une
zone de domination naturelle. Ceci menace non seulement le Venezuela,
mais tous les peuples du continent, en légitimant les interventions, les
pressions économiques, les coups d'État et l'alignement forcé de
gouvernements qui s'écartent des intérêts impériaux. L'intervention sans
précédent de l'administration Trump en Argentine ces derniers mois,
notamment dans la politique économique intérieure, le marché des changes
et même le processus électoral, en est un exemple frappant, donnant un
coup de pouce soudain au gouvernement de Milei.
Dans le contexte actuel, les États-Unis ne sont plus une puissance
incontestée, mais ils demeurent un acteur central d'un ordre mondial
fondé sur la violence, le pillage et l'imposition. Leur agressivité
croissante reflète également leurs crises internes et leur besoin de
réaffirmer leur emprise sur des territoires stratégiques riches en
pétrole, en minéraux, en eau et en biodiversité. L'Amérique latine
apparaît, une fois de plus, comme le butin et l'arrière-garde d'un
projet impérial qui reste profondément dangereux.
Défendre l'autodétermination des peuples - des classes dominées,
exploitées et opprimées au sein de contextes dits «nationaux» -
n'implique pas d'idéaliser les gouvernements ni de nier les
contradictions internes inhérentes au processus vénézuélien, que nous
critiquons, mais bien de rejeter catégoriquement toute intervention
étrangère et d'affirmer le droit de chaque classe dominée, exploitée et
opprimée de lutter pour l'amélioration de son sort sans menaces, blocus
ni occupation. En ce sens, nous affirmons que l'organisation face à
cette situation ne peut venir d'en haut ni être déléguée aux structures
étatiques, mais ne peut se construire qu'à la base, par l'organisation
populaire et la participation directe de celles et ceux qui survivent au
quotidien sous le joug du siège.
Le cas du navire pillé, à l'instar du blocus économique dans son
ensemble, montre que l'impérialisme ne cherche pas à «corriger» les
gouvernements, mais plutôt à subjuguer des peuples entiers par la faim,
l'isolement et les châtiments collectifs.
Au Venezuela, comme dans le reste de l'Amérique latine, même au milieu
des difficultés causées par la bureaucratisation, les limitations et les
tensions avec l'État qui tendent à affaiblir l'organisation de base, les
communes, les espaces territoriaux et les formes d'organisation
populaire soutiennent une résistance matérielle et sociale quotidienne
face au blocus, aux pénuries et à l'agression impérialiste.
Notre lutte dépasse les frontières imposées par les États et nous unit à
toutes les classes opprimées. Le gouvernement impérialiste du Nord a
adopté une attitude xénophobe, raciste et persécutrice envers les
communautés migrantes présentes sur son territoire. L'attaque contre le
Venezuela repose idéologiquement sur le racisme inhérent à l'État
américain - comme à d'autres États - et qui se manifeste tant à
l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, favorisant les classes dominantes.
Face à cette offensive, en tant qu'anarchistes, nous dénonçons le
gouvernement américain et affirmons que la solution ne viendra ni
d'États plus forts, ni de conflits entre puissances, ni des prétendues
organisations internationales créées par et pour les États, mais de la
construction d'un peuple fort, organisé par la base, doté d'une
indépendance politique et d'une réelle capacité à contester le pouvoir.
L'histoire de l'Amérique latine montre que toute avancée impérialiste
s'est heurtée à une résistance, même dans l'adversité. C'est ce qui
nourrit la dignité et la capacité de réponse collective. C'est le
fondement même du pouvoir populaire issu de la base.
Face à l'impérialisme, la neutralité est impossible. Soit on est du côté
de la domination, du pillage et de la guerre, soit on est du côté des
opprimés.
Notre engagement est à long terme mais clair: renforcer l'organisation
populaire, approfondir la résistance et construire à partir de la base
un horizon d'émancipation pour les classes opprimées du monde.
L'impérialisme ne passera pas!
Vive ceux qui combattent!
Coordination anarchiste latino-américaine (CALA)
Fédération anarchiste uruguayenne (FAU) - Uruguay
Fédération anarchiste de Santiago (FAS) - Chili
Coordination anarchiste brésilienne (CAB) - Brésil
Fédération anarchiste de Rosario (FAR) - Argentine
Organisation de résistance anarchiste (OAR) - Argentine
Organisation anarchiste de Tucumán (OAT) - Argentine
Organisation anarchiste de Cordoue (OAC) - Argentine
Organisation anarchiste de Santa Cruz (OASC) - Argentine
Le Merle Noir - Organisation anarchiste d'Entre Ríos - Argentine
Organisation anarchiste Impulso - Argentine
Organisations soeurs
Fédération Anarchiste de la Rose Noire / Federación Anarquista Rosa
Negra (BRRN) - États-Unis
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4606
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