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(fr) AWSM [NZL] - Contre l'État, contre les illusions électorales (en) [Traduction automatique]
Date
Wed, 7 Jan 2026 17:37:06 +0000
Pendant une grande partie de l'histoire du mouvement socialiste, la
question de l'État a constitué une faille sous-jacente à chaque
stratégie, chaque parti, chaque programme. À maintes reprises, la gauche
a été ramenée à l'idée que l'émancipation pouvait être obtenue par le
biais de l'appareil d'État, que l'État capitaliste pouvait être capturé,
réorienté et mis au service des intérêts des travailleurs. Cependant, on
reconnaît de plus en plus le caractère illusoire de cette croyance. Cela
reflète un malaise qui s'est accumulé discrètement depuis des décennies:
le socialisme parlementaire, aussi bien intentionné soit-il, reste
structurellement prisonnier d'institutions conçues pour préserver le
capitalisme plutôt que pour l'abolir. Pour les anarcho-communistes, il
ne s'agit pas d'une révélation, mais de la confirmation d'une évidence
de longue date. L'État n'est pas une arène neutre attendant d'être
investie par la gauche; c'est une forme de pouvoir social construite
pour discipliner le travail, défendre la propriété et stabiliser
l'exploitation.
L'État capitaliste n'est pas simplement un ensemble d'élus ou un corpus
de politiques. Il s'agit d'un réseau dense de bureaucraties, de systèmes
juridiques, de forces de police, d'institutions financières et de normes
idéologiques qui, ensemble, reproduisent la domination de classe. Même
lorsqu'il est dirigé par des socialistes, il reste soumis aux impératifs
de l'accumulation du capital, de la croissance économique et de l'ordre
social. C'est pourquoi les gouvernements de gauche, de la
social-démocratie d'après-guerre aux projets réformistes plus récents,
se retrouvent si souvent contraints de reculer, de faire des compromis,
voire de capituler purement et simplement. Ils héritent d'une machine
dont la finalité est de gérer le capitalisme, non de le démanteler.
Imaginer qu'une telle machine puisse être réorientée vers le socialisme,
c'est méconnaître sa fonction même.
L'attrait de l'État a toujours été compréhensible. Il offre
l'immédiateté, la visibilité et l'illusion du contrôle. Remporter une
élection procure une sensation tangible, contrairement à la construction
progressive d'un pouvoir collectif. On peut voter des lois, allouer des
budgets, annoncer des nationalisations. Pourtant, ces victoires
demeurent fragiles précisément parce qu'elles laissent intacts les
rapports de pouvoir sous-jacents. Le capital conserve sa mobilité, sa
propriété de la production, sa capacité à retenir les investissements, à
se délocaliser, à saboter et à contraindre. L'État, même sous une
direction de gauche, est contraint de répondre à ces pressions sous
peine de crise économique, de fuite des capitaux et de déstabilisation
politique. Ce qui est présenté comme du réalisme politique n'est en
réalité qu'un chantage structurel.
L'AWSM fait allusion à cette réalité en insistant sur le fait que le
socialisme ne saurait se réduire à un succès électoral. Nous soulignons
la nécessité de construire le pouvoir en dehors de l'État, sur les lieux
de travail, dans les syndicats et au sein des communautés, afin de
soutenir et de pérenniser toute transformation significative. Cette
reconnaissance est importante, mais elle demeure incomplète. D'un point
de vue anarcho-communiste, le problème n'est pas seulement que l'État
est insuffisant par lui-même, mais qu'il sape activement le
développement d'un véritable pouvoir collectif. Plus les mouvements
s'orientent vers des résultats parlementaires, plus leurs énergies sont
canalisées dans les luttes de pouvoir, la discipline de communication et
les cycles électoraux. La participation populaire se limite au vote,
tandis que la prise de décision est centralisée et professionnalisée. Il
en résulte une démobilisation, et non une émancipation.
La social-démocratie offre une leçon historique claire. Ses grandes
réussites d'après-guerre en matière de protection sociale et de
propriété publique étaient réelles, mais aussi superficielles. Les
travailleurs n'avaient pas le contrôle de la production; on leur offrait
une sécurité gérée au sein du capitalisme. Les industries étaient
nationalisées, mais restaient hiérarchisées et bureaucratiques, dirigées
par des gestionnaires d'État plutôt que par les travailleurs eux-mêmes.
Avec l'avènement du néolibéralisme, ces arrangements furent facilement
démantelés, car la classe ouvrière ne s'était jamais organisée en force
dirigeante à part entière. L'État pouvait donner, et l'État pouvait
reprendre.
Cette dynamique ne se limitait pas à l'Europe. En Aotearoa
Nouvelle-Zélande, l'héritage des gouvernements travaillistes est
similaire. L'État-providence, bâti sur des fondements coloniaux et
l'exclusion, offrait une sécurité limitée tout en renforçant le contrôle
bureaucratique sur les communautés maories et ouvrières. La
contre-révolution néolibérale des années 1980 n'est pas apparue ex
nihilo, mais elle a été rendue possible par un appareil d'État déjà
habitué à gérer la société de manière autoritaire. La leçon à tirer
n'est pas que les réformes sont vaines, mais que celles mises en oeuvre
par l'État sont toujours contingentes, réversibles et, en fin de compte,
subordonnées au capital.
L'anarcho-communisme part d'un postulat différent. Elle conçoit le
socialisme non comme un programme politique, mais comme une
transformation des rapports sociaux. L'abolition du capitalisme requiert
celle de l'État, car tous deux reposent sur la hiérarchie, la coercition
et l'aliénation. L'État concentre le pouvoir de décision entre les mains
de quelques-uns, prive les individus de toute autonomie et impose
l'obéissance par la loi et la violence. Le capitalisme agit de même dans
la sphère économique. Démanteler l'un tout en préservant l'autre est
impossible.
Cela ne signifie pas attendre un moment mythique d'effondrement total.
Cela signifie reconnaître que le socialisme doit se construire par des
pratiques qui préfigurent le monde que nous souhaitons: des travailleurs
contrôlant leurs lieux de travail, des communautés organisant leurs
propres ressources, des personnes subvenant collectivement à leurs
besoins sans médiation de l'État ni du marché. Ces pratiques ne sont pas
un complément à la lutte politique, elles en sont la substance. Elles
créent la base matérielle d'une société sans patrons ni bureaucrates.
La gauche parlementaire doit s'inspirer de l'idée d'étendre la
démocratie à l'économie, un argument qui trouve un fort écho dans la
pensée anarcho-communiste. Mais la démocratie, pour avoir un sens, ne
peut se limiter aux structures représentatives. La démocratie réelle est
directe, participative et ancrée dans le quotidien. Elle s'exerce au
sein d'assemblées, de conseils et de fédérations où les citoyens ont un
contrôle direct sur les décisions qui les concernent. Elle est
incompatible avec les institutions qui monopolisent l'autorité et
imposent l'obéissance de manière verticale.
Historiquement, des moments de rupture révolutionnaire ont démontré
cette possibilité. Des conseils ouvriers, des comités de quartier et des
structures communautaires ont émergé à maintes reprises lors de périodes
de lutte intense, de la Russie en 1905 et 1917 à l'Espagne en 1936. Il
ne s'agissait pas de miracles spontanés, mais du fruit d'une
organisation de longue haleine et d'une confiance collective. Ces
initiatives ont démontré que les citoyens sont capables de gérer la
société sans chefs ni État, lorsqu'ils en ont l'occasion et la nécessité.
Le drame d'une grande partie de la gauche du XXe siècle réside dans le
fait que ces moments ont été soit étouffés par la réaction, soit
absorbés par de nouvelles structures étatiques reproduisant les
anciennes hiérarchies sous couvert de rhétorique socialiste. La promesse
d'un État en voie de disparition est devenue une justification à son
expansion. Les anarcho-communistes rejettent catégoriquement cette
logique. L'État ne disparaît pas; il se consolide. Le pouvoir, une fois
centralisé, résiste à la dissolution.
C'est pourquoi la stratégie du double pouvoir demeure essentielle.
Plutôt que de viser la prise de contrôle de l'État et la transformation
de la société par le haut, l'anarcho-communisme cherche à construire des
formes alternatives de pouvoir qui rendent l'État de plus en plus
insignifiant. Des réseaux d'entraide qui répondent aux besoins matériels
sans intermédiaires bureaucratiques. Des organisations sur le lieu de
travail qui contestent ouvertement l'autorité managériale. Des
assemblées communautaires qui coordonnent le logement, l'alimentation et
les soins. Ces structures n'attendent pas d'autorisation; elles
affirment l'autonomie collective ici et maintenant.
Dans le contexte d'Aotearoa (Nouvelle-Zélande), cette approche est
indissociable de la décolonisation. L'État colonial a été imposé par la
violence, le vol des terres et la destruction des structures sociales
maori. Tout projet socialiste centré sur l'État risque de reproduire ces
dynamiques coloniales, même sous couvert d'un discours progressiste.
L'anarcho-communisme s'inscrit dans le concept de tino rangatiratanga
(autonomie) non pas comme un geste symbolique, mais comme un engagement
concret en faveur de l'autonomie, de l'autodétermination et du
démantèlement de l'autorité imposée. Soutenir le contrôle des terres et
des ressources par les iwi (tribus) et les hapu (sous-tribus) n'est pas
une concession faite à l'État, mais une remise en cause de la légitimité
même de l'État colonial.
L'obsession des élections occulte souvent ces questions fondamentales.
Certains affirment que voter peut être une tactique, mais non une
stratégie. Lorsque les mouvements s'orientent principalement vers la
conquête du pouvoir, ils intériorisent les priorités du système qu'ils
cherchent à combattre. Les revendications radicales sont atténuées pour
séduire les électeurs indécis, l'action directe est découragée pour
préserver la respectabilité, et l'énergie organisationnelle est
canalisée vers des campagnes qui s'essoufflent une fois les urnes
rangées. S'ensuivent la déception, puis le cynisme, puis le repli sur soi.
L'action directe, au contraire, renforce la confiance et les capacités
d'action. Grèves, occupations, blocages et refus collectif confrontent
le pouvoir là où il s'exerce réellement. Ils contraignent à des
concessions non par la persuasion, mais par la perturbation. Plus
important encore, ils enseignent aux participants que le changement
émane de leur propre force collective, et non de dirigeants
bienveillants. C'est la fonction pédagogique de la lutte, une fonction
qu'aucun processus parlementaire ne peut reproduire.
Le socialisme doit s'enraciner dans la participation des masses plutôt
que dans une gestion élitiste. L'anarcho-communisme se distingue par son
refus de subordonner cette participation à l'État. Son objectif n'est
pas de contraindre les gouvernements à agir de manière responsable, mais
de les rendre progressivement obsolètes. Chaque fois que les citoyens
s'organisent pour satisfaire directement leurs besoins, ils fragilisent
les fondements idéologiques et matériels du pouvoir d'État.
Cela ne signifie pas pour autant ignorer la réalité de la répression.
L'État se défendra, souvent avec brutalité. La police, les tribunaux et
les prisons existent précisément pour contenir les contestations venues
de la base. La stratégie anarcho-communiste met donc l'accent sur la
solidarité, la décentralisation et la résilience. Les mouvements
horizontaux et fédérés sont plus difficiles à décapiter. Les réseaux
d'entraide réduisent la vulnérabilité à la répression. La défense
collective devient une responsabilité partagée plutôt que le domaine de
spécialistes.
Le capitalisme entre dans une période de profonde instabilité, marquée
par l'effondrement écologique, l'aggravation des inégalités et une crise
permanente. Les États ne répondent pas en résolvant ces contradictions,
mais en les gérant par l'austérité, la surveillance et la répression.
Dans ce contexte, l'illusion que l'État puisse être le vecteur de
l'émancipation devient de plus en plus intenable. Le système est
réorienté non pas vers la redistribution, mais vers le contrôle.
Le socialisme contre l'État n'est donc pas un slogan, mais une
nécessité. Il implique de reconnaître que la liberté ne peut être
décrétée. Elle doit être construite par une lutte collective qui
démantèle la hiérarchie sous toutes ses formes. L'anarcho-communisme
offre non pas un modèle préétabli, mais une voie vers une société
organisée autour de l'entraide, de la propriété collective et de la
démocratie directe, sans dirigeants et sans classes.
Notre tâche n'est pas de perfectionner l'art de gouverner, mais d'abolir
les conditions qui rendent la gouvernance nécessaire. Il s'agit de
remplacer la domination par la coopération, la coercition par la
solidarité et la représentation par la participation. Ce faisant, nous
dépassons les horizons étroits du socialisme étatique et retrouvons le
coeur révolutionnaire du projet communiste.
https://awsm.nz/against-the-state-against-electoral-illusions/
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