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(fr) Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Lourdes condamnations en appel pour Bassine non merci
Date
Sun, 10 May 2026 19:34:43 +0100
Le verdict est tombé. Julien Le Guet est relaxé pour certains faits
mais lourdement condamné pour d'autres, avec plus de 20 000 € de
condamnations financières (dommages et intérêts et frais de justice) et
6 mois de détention à domicile sous bracelet électronique, avec
exécution provisoire. ---- Nous prenons acte de cette décision, avec une
profonde colère et une incompréhension totale face à la sévérité de
cette condamnation et à ce qu'elle révèle de la volonté de museler le
mouvement anti-bassines en immobilisant l'un de ses porte-paroles. ----
Pour rappel, cette décision fait suite à l'audience du 4 mars dernier à
Poitiers, où Julien Le Guet était jugé en appel pour plusieurs faits
liés aux mobilisations contre les méga-bassines à savoir: ---- la
«Grillade party» du 2 octobre 2022 à Sainte-Soline, où il lui était
reproché la participation à un groupement, des menaces de destruction,
le vol d'une pelle ainsi que l'inscription d'un message au marqueur
effaçable sur un panneau de la Coopérative Océalia («Océalia, complice
des bassines, signataire du protocole»);
- un tag réalisé le 1er mai 2023 devant la gendarmerie de Niort («Pour
Serge et les 200 blessés de Sainte-Soline, Dubée, Vestieu, Darmanin en
prison»);
- le week-end de mobilisation des 29 et 30 octobre 2022 à Sainte-Soline
(«Pas une bassine de plus»), pour participation à un groupement et
dégradation d'un tuyau d'irrigation;
Des relaxes importantes, mais des condamnations extrêmement lourdes au
niveau financier + une peine incompréhensible de détention à domicile de
6 mois avec exécution provisoire
Plusieurs éléments sont à souligner:
- Julien Le Guet est relaxé concernant le tag du 1er mai 2023 à Niort
ainsi que l'inscription visant la coopérative Océalia et le vol de la
pelle du 2 octobre 2022;
- la Coop de l'Eau 79, qui réclamait jusqu'à 1 million d'euros de
dédommagement pour la sécurisation des bassines, est déboutée;
Cependant, Julien Le Guet est finalement condamné à verser plus de 16
000 € de dommages et intérêts, ainsi que 4 000 € de frais liés aux
procédures.
Ces montants restent extrêmement importants et confirment la volonté de
faire peser sur un militant et porte-parole du mouvement anti-bassines
une responsabilité financière considérable liée aux mobilisations de
Sainte-Soline.
Mais cette décision est aussi marquée par une très lourde condamnation:
6 mois de détention à domicile sous bracelet électronique, avec
exécution provisoire. Elle donne suite aux faits retenus lors du
week-end de mobilisation des 29 et 30 octobre 2022 à Sainte-Soline,
incluant la participation à un groupement et des dégradations
matérielles.Le seul fait d'avoir été présent sur les lieux, en tant que
porte-parole du Collectif Bassines Non Merci, a ainsi été retenu pour
justifier cette condamnation, quand bien même il n'a ni dégradé une
grille, ni dégradé un tuyau.Il se retrouve en outre à endosser
l'ensemble des dégradations survenues lors de ces mobilisations (à
savoir une centaine de grilles et un tuyau d'irrigation) dont la portée
reste sans commune mesure avec les atteintes durables et massives
portées à l'environnement par les projets de méga-bassines eux-mêmes.
Rappelons que Julien Le Guet est aujourd'hui condamné pour s'être
opposé, avec le mouvement anti-bassines, au chantier de la bassine de
Sainte-Soline, désormais inexploitable puisque sa construction a
finalement été jugée illégale!
Dans les faits, cette peine s'apparente à 6 mois de privation de liberté
et d'enfermement à domicile et vient s'ajouter à l'interdiction de
territoire à Mauzé-sur-le-Mignon et Sainte Soline.
Elle est d'autant plus incompréhensible que la procureure n'avait pas
requis de peine de prison ferme. Le tribunal a donc choisi d'aller
au-delà des réquisitions, en prononçant une mesure restrictive de
liberté aussi sévère que choquante.
Cette peine aura des conséquences majeures sur la vie quotidienne de
Julien Le Guet, sans que ses modalités précises ne soient encore connues
à ce stade, dans l'attente de son passage devant le juge d'application
des peines, date dont nous n'avons pas connaissance à cette heure.
Fait particulièrement révélateur: la veille même de cette décision, le
tribunal administratif demandait la destruction de cinq bassines jugées
illégales en Charente-Maritime, après 20 années de contentieux. Cette
situation souligne l'incohérence profonde entre, d'un côté, la
reconnaissance du caractère illégal de nombreux projets de bassines, et
de l'autre, la répression judiciaire visant celles et ceux qui s'y opposent.
Alors même que les mobilisations contre les méga-bassines - notamment à
Sainte-Soline - ont révélé des enjeux cruciaux de partage de l'eau, de
modèle agricole et de démocratie, la réponse apportée est une nouvelle
fois judiciaire et répressive à l'encontre des défenseur-es du vivant.
Nous rappelons que ces mobilisations ont été portées par des dizaines de
milliers de citoyen-nes, paysan-nes et organisations diverses,
mobilisé-es face à des projets de méga-bassines massivement rejetés,
accaparant une ressource vitale au profit d'un modèle agro-industriel
destructeur du vivant et mortifère pour les paysan-nes.
La condamnation de Julien Le Guet, figure emblématique du mouvement et
porte-parole, ne peut être interprétée autrement que comme une tentative
de répression visant à affaiblir cette contestation et à le faire taire.
Julien Le Guet est en effet engagé au quotidien dans un ensemble de
soirées d'informations, rencontres, formations sur la question de la
préservation de l'eau qui sont une des activités essentielles du
mouvement. Cette assignation à résidence constitue une mesure
excessivement lourde, qui restreint, fortement et durablement, les
libertés d'un militant engagé et ses possibilités d'intervention dans
l'espace public. Elle s'inscrit dans la lignée des interdictions de
territoire dont sont victimes de nombreux militant.es anti-bassines.
Elle représente une forme de répression politique inacceptable. Nous le
dénonçons avec force!
Nous ne reculerons pas
Malgré cette décision, notre détermination reste intacte.
Nous réaffirmons notre soutien total à Julien Le Guet et à toutes les
personnes poursuivies pour leur engagement.
Face à l'urgence environnementale, face à l'accaparement de l'eau et des
terres, face à la répression, nous continuerons à nous mobiliser, à
alerter, à agir. Nous ferons front collectivement, comme nous l'avons
toujours fait!
Nous vous donnons d'ores-et-déjà rendez-vous pour les deux prochains procès:
- le 21 mai à partir de 12h30 devant le tribunal de Paris (29-45 avenue
de la Porte de Clichy); Julien le Guet est poursuivi pour diffamation
par Emmanuelle Dubée, alors préfète des Deux-Sèvres lors de la
mobilisation de Sainte-Soline en mars 2023;
- le 27 mai à partir de 12h devant le trbunal de Poitiers; Nicolas Girod
et Benoît Jaunet (portes-parole de la Confédération Paysanne), Benoît
Feuillu (porte-parole des Soulèvements de la Terre) et Julien Le Guet
(porte parole du collectif Bassines Non Merci) sont poursuivis pour
«organisation de manifestation illégale» dans le cadre de la
mobilisation de mars 2023 contre les méga-bassines à Sainte-Soline.
Soyons présent-es massivement! Le combat continue, plus que jamais!
Solidarité financière:
Une cagnotte est ouverte
L'OCL Poitou est signataire de ce communiqué
++++
Par ailleurs deux bassines du Poitou, à Lusseray et Pamproux
(Deux-Sèvres), ont été «débâchées» dans la nuit du mercredi 6 au jeudi 7
mai pour «dénoncer le financement public des bassines et leur
développement sur le bassin-versant de la Boutonne», indique l'Amicale
pour le débâchage permanent du Poitou, qui a revendiqué l'action de
sabotage. «Nous nous unissons aux habitants, collectifs et paysannes qui
luttent depuis des années contre les mégabassines. Si ces dernières
continuent d'exister, c'est uniquement par de constantes pressions
politiciennes, industrielles et policières», affirme ce nouveau
collectif. La bassine de Pamproux est la propriété de Pampr'oeuf, que le
collectif dénonce comme «un agro-industriel qui souhaite agrandir son
élevage déjà immense de centaine de milliers de poules pondeuses».
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4698
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