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(fr) Courant Alternative #360 (OCL) - ÉDITORIAL mai 2026

Date Sat, 9 May 2026 21:06:45 +0100


Le lancement du film Arizona (Ouesterne) qui vous est présenté en «Une» de ce numéro est une adaptation belge de la version parue en France sous forme de volets: Loi travail, réforme des retraites - versions secteurs public et privé -, cotisations sociales, baisse du pouvoir-vivre, droit des chômeurs et transversalement politique migratoire... Dont les gouvernements se sont succédés à la réalisation. À vrai dire, plutôt qu'une adaptation, il s'agit d'un scénario bien rôdé. Quatre camarades belges sont venus parler de leur lutte (dans notre dossier). ---- Plus prosaïquement, si l'État et le patronat français ont du retirer quelques plans du projet - la loi CPE (contrat première embauche) en particulier - face à une mobilisation majeure des travailleurs, mais aussi de jeunes pour le coup moins «dépolitisés» que ne le voudraient au fond les classes dominantes, l'essentiel a été auto-validé. En contrepoint, les appareils mués à l'occasion en intersyndicales ont été fortement dépassées par leurs bases et par les non syndiqués. Mais on le sait, malgré des passages particulièrement cruciaux, le tournage a été bouclé, souvent manu militari.

Les structures politiques de la Vème République sont particulièrement simples à nos yeux; la monarchie constitutionnelle belge relève d'une construction gigogne qui multiplie les instances décisionnaires adossées à une césure linguistique et culturelle. C'est une coalition XXL, «Arizona», qui est l'instigatrice du script de la casse sociale et des coupes budgétaires dont le Premier ministre Bart de Wever, nationaliste flamand, est chargé de la réalisation. Et sans fioritures.

Aussi la réponse des prolétaires est-elle à la hauteur nous disent les camarades belges. Les services publics ont massivement débrayé: BPost (service postal) bloquée, avions cloués au sol et vols reportés dans les aéroports de Bruxelles et Charleroi, pas de transports dans la capitale, pas de transport fluvial dans le pays, ramassage des ordures en plan et les services pratiquement à l'arrêt dans les prisons... De nombreuses associations sont également au casting. Bruxelles a vu descendre plus de 100 000 personnes dans la rue.

Parmi les scènes d'affrontement, on retrouve les désormais classiques du genre: quelques feux aux abords du périphérique, des interpellations. Un mouvement long et dur que les plus combatifs voudraient voir aller jusqu'au bout, au sens propre. Ce sera un long métrage dans tous les cas de figure. Ainsi, les protagonistes et techniciens en présence apportent-ils des off un peu confus et le montage final reste incertain.

Prenons temps de mettre un coup de projecteur sur Bart de Wever. Ce n'est pas un jeune premier, et sa carrière laissait peu présager qu'il deviendrait le chef d'une coalition à laquelle participent quasiment tous les scénaristes politiques, y-compris diamétralement opposés. Personne ou presque n'en voulait (pas même le frère ennemi Vlaams Belang ) mais pragmatiquement beaucoup s'y sont alliés. Une alliance inimaginable en France où les partis sont livrés à tous les appétits égotiques en leur propre sein, et où il ne faut que quelques semaines à attendre un gouvernement contre un an et demi en Belgique. Il est vrai que les deux régimes et leurs décentralisations, compte tenu leur taille respective, ne relèvent pas des mêmes acrobaties. Mais revenons à Bart de Wever. Le personnage est en effet le champion de la dédiabolisation. Il va hisser en moins de vingt ans le N-VA (Nieuw-Vlaams Aliantie = Alliance néo flamande en français), lequel est un rejeton de la mouvance ultra-séparatiste d'extrême-droite Volksunie, à un niveau de «respectabilité» tel que N-VA est maintenant le premier parti de Flandres. Prestation spectaculaire que de rallier le confédéralisme européen après avoir viscéralement conchié le confédéralisme national. Et de placer la réplique: «Une Flandre forte dans une Europe forte». Europe dont son parti milite au sein de CRE contre le fédéralisme européen et autres allergies migratoires ou sociales en compagnie de IDL (Identité Liberté) et FDI (Frateli d'Italia) entre autres... Crever l'écran après le plafond de verre. De quoi faire saliver les starlettes comme les vieux routiers du genre.

Cette reconversion est bien sur due aux coproductions politiques et aux sponsors. Tout l'industrie du cinéma politicien, qu'il soit cantonné aux salles et aux buvettes des parlements européens ou à la diffusion internationale, est sujet au placement de produits. Et les lobbies se pressent davantage au guichet que les spectateurs aux points de vote. Et ce, en Belgique comme ailleurs. Les politiques sont sur tous les plateaux, les financeurs sont en coulisse, possèdent les moyens de production, les revues critiques et les réseaux de com pour la promotion.

Pourtant dans les salles obscures, quand le film devient insupportable, il arrive que des silhouettes surgissent se détachant sur le grand écran, et des huées encore étouffées sous la bande-son. Ces perturbateurs, ce sont celles et ceux qui en ont marre de payer au prix fort un ticket pour quelques navets, de consommer du Capitalwood. Ce sont des spectateurs qui cessent d'être passifs. Ce sont des invisibles qui se mettent en grève, qui occupent, la rue, l'entreprise de la rue, le supermarché du quartier, la clinique de la ville.

Alors les professionnels de la profession veulent réduire ça à du cinoche d'amateur, en interdire la sortie. Ne faisons plus de figuration. Tenons tête aux vedettes auto-proclamées. Faisons notre propre distribution.

Lille-Boulogne-sur-mer, le 25/04/2026

https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4694
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