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(fr) Courant Alternative #359 (OCL) - Insubordinations salariales 359

Date Wed, 6 May 2026 21:05:44 +0100


100 jours de lutte et une victoire pour les éducs de rue de Loire Atlantique ---- «Nous sommes salariés sous un statut de contractuels de la fonction publique territoriale et le Groupe d'Intérêt Public (GIP) du département de Loire- Atlantique, qui est prescripteur de notre activité a décidé de précariser notre emploi, en décidant unilatéralement du changement de notre modalité de temps de travail par le passage à 1607 heures annuelles au 1er janvier 2026. Ce qui correspond à une augmentation de notre activité équivalente à quatre semaines en contrepartie d'une «augmentation» de salaire de 38 euros nets mensuels.» La majorité des 44 éducs de rue de Nantes, Saint-Nazaire, Rezé, Orvault et Saint-Herblain, salariés de l'Agence Départementale de la Prévention Spécialisée se sont mis en grève reconductible le 19 novembre 2025. Depuis un changement de statut en 2012 qui les a fait passer du privé à la fonction publique on leur avait promis des hausses de salaires. Ceux-ci sont inférieurs de 500 € par rapport à ceux de leurs collègues des autres départements. L'annonce de la suppression de 4 semaines de congés et récupérations a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, ainsi que leurs conditions de travail. Au 1er janvier 2026 sur les 44 éducateurs 11 étaient en arrêts de travail, et 2 avaient démissionné.

Courant février, l'ADPS reculait sur son projet de suppression de quatre semaines de congés. Un accord a été trouvé en ce qui concerne les congés payés, "on a signé la question de l'aménagement de temps de travail. On perd tout de même des congés par rapport à ce qu'on avait avant. Ils ont été transformés majoritairement en RTT, mais on se retrouve avec une capacité à choisir individuellement nos temps de travail". Le temps de travail a été réévalué avec "6,5 jours de repos compensateur pour un total annuel de 1 561 heures de travail (soit un total de 13 semaines de congés et de récupérations)", explique un communiqué de l'ADPS, en ajoutant que "cette compensation repose sur des contraintes multifactorielles liées au métier notamment les horaires décalés, en soirée et le samedi". Sur la question salariale, il y a eu "deux revalorisations consécutives en 2025 et 2026, soit une augmentation totale de 273 euros brut par mois en moyenne/ éducateur (soit + 10 %)".

Le 26 février, après 100 jours de lutte, les différentes parties ont réussi à se mettre d'accord. Cet accord sera rendu définitif lors d'une Assemblée générale extraordinaire du GIP prévue le 9 mars prochain.

Cette lutte exemplaire et victorieuse a pu tenir grâce à la convergence de plusieurs facteurs. D'abord, les syndicats CGT et Solidaires se sont montré intransigeants là où l'on voit bien souvent des divisions servir la cause des patrons. Et surtout, dès le début du mouvement, l'intention de faire grève dans la durée était claire. Une caisse de grève s'est très vite mise en place pour que les salarié·es en lutte puissent supporter l'absence de revenus. Une grève reconductible avec des personnes déterminées à gagner sera toujours mille fois plus efficace que des journées éparses qui demandent poliment de renégocier la longueur de la chaîne avec les «partenaires sociaux». Les dirigeants ne comprennent que le rapport de force.

Sources: France 3 Pays de Loire, Ouest France, contre-attaque, UL CGT Nantes,

Mouvement de grève dans les entrepôts de la Scapest

La Scapest (Société coopérative d'approvisionnement Paris-Est) à Saint-Martin-sur-le-Pré (Marne) est la centrale d'achat et de logistique des magasins Leclerc pour le Nord-Est. 146 commerces de onze départements sont approvisionnés grâce à cette entreprise. La Scapest emploie quelque 642 personnes sur le bassin châlon-nais, majoritairement au SMIC. Après une réunion portant sur les négociations annuelles obligatoires (NAO), vendredi 13 février, les représentants syndicaux, appuyés par les employés du secteur produits frais, fruits et légumes et surgelés de la centrale d'achats et logistique régionale des magasins E.Leclerc, ont estimé que les propositions portées par la direction étaient «totalement insuffisantes et déconnectées de leurs attentes légitimes». Le 16 février 2026, des salariés du site ont entrepris un mouvement de grève à l'appel de l'intersyndicale Unsa, Sud industrie/Solidaires et CFDT. Un mouvement rejoint également par FO et la CGT. Les salariés se relaient au fil des heures devant l'entrée de l'entreprise. Dans le préavis de grève adressé à la direction, les salariés revendiquent «une augmentation générale des salaires à hauteur de 3 % et une prime PPV de 3 000€», là où la direction en propose 0,8 % et 500 €. Ils réclament aussi «des mesures concrètes et immédiates pour mettre fin aux inégalités salariales et de traitement entre les catégories de personnel et entre les hommes et les femmes». Les représentants des sections syndicales sollicitent notamment «un traitement identique entre les salariés de la Scapest, pour la mutuelle en particulier, quel que soit le statut, cadre ou non. On veut tous être sur un pied d'égalité au niveau de la santé et de la sécurité». Le mouvement se traduit par un barrage filtrant des poids lourds voulant pénétrer sur le premier site de l'enseigne, et non un blocage total. L'idée étant de «ralentir l'activité».

110 intérimaires ont été renvoyés chez eux depuis le début du mouvement. Le 23 février, une centaine d'employés opposés à la grève qui dure depuis 8 jours à la Scapest ont confronté les grévistes, avec à leur tête le président du conseil d'administration et le directeur de la Scapest ainsi que le PDG du Leclerc de Fameck. Sous la pression, les manifestants lèvent le barrage et libèrent le passage aux camions aux alentours de 16 heures. La direction fixe le 24 février à midi comme ultimatum pour mettre fin à la grève. Après plusieurs heures de discussions avec la direction de la Scapest, les syndicats ont mis fin à la grève qui durait depuis neuf jours ce mardi 24 février 2026. Pour le délégué syndical CGT, "Il n'y a pas d'accord". Concrètement, les revendications principales restent inchangées. Selon le syndicat, la direction maintient sa position sur la prime de partage de la valeur fixée à 750 euros ainsi que sur les augmentations concernant la prime de froid et la prime de grande hauteur. En revanche, deux sujets doivent être retravaillés dans l'année: la mutuelle et les chèques vacances. Parmi les points de crispation figure le cout de la mutuelle. "On paye 100 euros à la base pour une mutuelle familiale. C'est la base, après il y a des options en plus. Et les cadres, eux, ne payent pas la mutuelle". Des discussions sont prévues, notamment au mois d'avril, afin de revoir ces dispositifs. Les syndicats ne sont pas pleinement satisfaits par cet accord mais, bousculés par les événements de la veille, ils ont tout de même choisi de mettre fin à la grève. «On aurait aimé avoir plus, mais les avancées sur la mutuelle et les chèques vacances vont déjà nous donner un peu de pouvoir d'achat. Il ne faut pas être trop gourmands et savoir s'arrêter quand il le faut», reconnaît le représentant syndical Sud Industrie.

Sources: L'Union, Ici Champagne, France 3 Champagne Ardenne

Cheffe écartée et salaires augmentés chez Biocoop Paris 19è

16 salarié-e-s sur 20 de la Biocoop Place des Fêtes, dans le 19e arrondissement de Paris, se sont mis-e-s en grève le 3 janvier 2026. Les grévistes dénonçaient des pratiques managériales abusives (humiliations, pressions cons-tantes, intimidations, surveillance abusive, violence verbale), des salaires qui stagnent malgré l'augmentation du chiffre d'affaires et une tension permanente dans le magasin. «On ne travaillera plus avec cette propriétaire, elle présente des dangers psychosociaux au sein de l'entreprise (...) Elle n'a jamais reconnu les comportements toxiques dont elle a pu faire preuve, et tous les dommages psychologiques, physiques que ça a pu avoir sur les employés. (...) On n'est pas là pour faire la révolution, mais pour faire notre «taf» dans les meilleures conditions possibles, sans avoir mal au ventre, sans avoir des crises d'endométriose qui durent des plombes, sans pleurer, sans craindre d'aller au travail, sans avoir peur de parler à la patronne». À titre d'exemple, ici, un salarié, travaillant depuis 8 ans dans la boutique, perçoit un salaire de 1 560 euros net. Ce qui fait de ce diplômé en maraîchage et adjoint au rayon fruits et légumes l'un des plus gros salaires. Pourtant, en comparaison, certains gérants d'autres Biocoop rémunèrent leurs salariés 2 000 euros minimum nets par mois. Pour autant, Biocoop Place des Fêtes n'est pas un cas isolé. Les grévistes ont reçu beaucoup de témoignages de toute la France, de Rennes jusqu'à Marseille, en passant par Carcassonne. Ce sont d'autres salariés, comme eux, qui subissent un management toxique et des faibles revenus dans des enseignes dites bio, équitables et saines.

Les grévistes ont signé mercredi 28 janvier un accord de fin de conflit après 25 jours de grève. Elles et ils obtiennent la satisfaction de leur revendication principale: la mise à distance de leur cheffe, propriétaire en outre du magasin, qui leur imposait des conditions de travail «oppressantes et toxiques». Leur lutte a aussi imposé une augmentation salariale allant de 9 % à 6 % sur deux ans.

Sources: NVO, UL CGT 19ème, Lutte ouvrière, L'Anticapitaliste, NPA révolutionnaires

Toutes les infirmières en grève à New York ont repris le travail

Le 12 janvier 2026, 15 000 infirmières (membres de l'Association des infirmières de l'État de New York - NYSNA) des 3 plus grands groupes hospitaliers se mettaient en grève après l'expiration des négociations contractuelles, avant l'expiration du contrat des infirmières le 31 décembre 2025. La NYSNA a qualifié les accords préliminaires avec Mount Sinai et Montefiore de «victoire», précisant qu'ils prévoient une augmentation de 12 % des salaires sur la durée du contrat de trois ans, le maintien des avantages santé pour les infirmières, des mesures contre la violence au travail ainsi que des protections pour les patients et infirmières immigrés et transgenres. Le travail a repris le 14 février pour les 10 500 grévistes des 2 groupes.

Quelque 4 200 infirmiers avaient poursuivi le mouvement. Des représentants syndicaux de base avaient accusé la direction syndicale de précipiter un vote sur un accord préliminaire qu'ils avaient déjà rejeté lors des négociations. Une membre du comité exécutif de NYSNA à NewYork-Presbyterian Hospital a dénoncé une "opération précipitée" visant à aligner l'accord sur ceux conclus avec d'autres hôpitaux. Un accord avec le groupe NewYork-Presbyterian qui les emploie a été signé. L'accord conclu avec le groupe hospitalier prévoit une augmentation des salaires de plus de 12 % sur trois ans et également une augmentation du nombre d'infirmiers. Le travail a repris. «Pendant un mois et demi, à travers certaines des intempéries les plus rudes que la ville ait connues depuis des années, les infirmières du NYP [NewYork-Presbyterian] ont montré à cette ville qu'elles n'accepteraient aucun compromis sur les soins prodigués aux patients»

Un arbitre a attribué en février près de 400 000 dollars à certaines infirmières du Morgan Stanley Children's Hospital de NewYork-Presbyterian pour avoir du travailler en sous-effectif en 2023 et 2024, a indiqué le syndicat, le présentant comme une preuve des problèmes qui ont mené à la grève.

Sources: helm.news, infirmiers.com, wsws.org, France 24, presse américaine, canadienne, suisse, belge et française

Fin de grève chez Kaiser Permanente

Après près de cinq semaines de mobilisation, la grève historique des 31 000 infirmières et autres professionnels de la santé de Kaiser Permanente arrive à son terme le 24 février. La grève des membres de l'United Nurses Associations of California/Union of Health Care Professionals (UNAC/UHCP) a été la plus grande grève illimitée d'infirmières et de professionnels de la santé de l'histoire des États-Unis. Les revendications portaient sur l'amélioration des salaires et des conditions de travail, notamment en matière de dotation en personnel. Un accord a finalement été trouvé, permettant aux employés de reprendre le travail sans condition. Parallèlement à la grève des infirmières, plus de 3 000 travailleurs de pharmacie et de laboratoire, représentés par les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce, ont également mené une action de trois jours en février. Cette grève, bien que distincte, était coordonnée avec le mouvement de l'UNAC/UHCP.

Cependant, cette fin de conflit ne marque pas la fin des tensions sociales au sein du géant de l'assurance maladie, avec l'annonce d'une possible grève des professionnels de la santé mentale.

Sources: wsws.org, nouvelles-du-monde.com

https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4695
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