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(fr) Courant Alternative #356 (OCL) - Fermes-Usines: la résistible ascension de l'agro-alimentaire?
Date
Tue, 13 Jan 2026 18:13:46 +0000
Le 15 décembre à Lorient s'est tenu le procès de 12 personnes accusées
de s'être opposé à la livraison de nourriture destinées à des
fermes-usines. Ce procès fut l'occasion pour les inculpés de mettre en
lumière les fondements et les conséquences néfastes de l'agro-industrie.
---- Quelques jours plus tôt, le 29 novembre, était organisée une
journée de mobilisation européenne contre les fermes-usines initiée par
le réseau Stop Factory Farming Europe dont la coalition RAFU
(«Résistance Au Fermes-Usines»), qui a vu le jour en Bretagne en 2022,
fait partie pour coordonner les actions en France. Si elle fut
globalement peu suivie au niveau national et européen, dans le petit
village de Celle-Lévescault, dans la Vienne, ce sont plus de 200
personnes qui se sont rassemblées pour s'opposer à la conversion d'une
chèvrerie (déjà sur le modèle intensif) en un poulailler devant
accueillir prochainement 140 088 poules pondeuses, produisant 46
millions d'oeufs par an. Le futur exploitant et la préfecture justifient
cette installation (qui a tout d'une usine, et bien peu avoir avec une
ferme) par la demande croissante en oeufs (protéine animale la moins
chère du marché) et par le fait que la France n'est plus auto-suffisante
dans ce domaine depuis quelques années. Ce raisonnement passe outre les
questions de gaspillage de produits alimentaires, de nuisances et de
pollutions générées par ces exploitations, sans parler de l'éthique de
la condition animale. Ces arguments correspondent en revanche étonnement
à ceux des lobbyistes du complexe agro-industriel, car il s'agit surtout
d'enrichir de grands groupes industriels avant de répondre aux besoins
réels de la population.
À ce jour, Greenpeace répertorie 3 000 fermes-usines sur le territoire
français mais d'ici à 2030, pas moins de 300 poulaillers de ce type
devraient éclore partout en France, facilités par les «simplifications
administratives» prévues par la fameuse «loi Duplomb».
Sortir la lutte de l'ornière individualiste
En dehors du cas emblématique de la lutte contre la ferme des 1 000
vaches près d'Abbeville dans la Somme au tournant des années 2010, les
contestations de ces exploitations, symptomatiques de
l'industrialisation de l'agriculture, ne rencontrent que peu d'écho à
l'échelle nationale. Lorsque des luttes contre ces installations sont
médiatisées, c'est bien souvent sous le prisme de l'argumentaire NIMBY
(Not in my backyard - pas dans mon jardin) qu'elles sont présentées. Ce
qui intéresse les médias en premier lieu c'est l'émotion qu'ils vont
capter chez ces riverains qui peinent à vendre leur maison, ou qui sont
contraints d'en baisser drastiquement le prix. Il est certain qu'en tant
que riverain d'une telle exploitation la perte de valeur du foncier est
une préoccupation majeure, une source d'inquiétudes pour l'avenir et de
stress important. Mais pour les médias, le sujet s'arrête bien souvent à
la porte des critiques sur le modèle agricole en lui-même. C'est pour
contrer le procès en individualisme («vous n'en voulez pas à côté de
chez vous, mais vous achetez bien les oeufs en supermarché au prix le
plus bas») qu'il a fallu, lorsque la question de monter une mobilisation
contre ce projet s'est posée, mettre tout de suite en avant le slogan
«Ni ici, ni ailleurs». Dès lors, la question n'est plus de s'opposer à
un projet menaçant le cadre de vie de quelques-uns, mais d'inclure cette
contestation dans le cadre d'une opposition à un «grand projet inutile
et imposé» (GPII), posant ainsi une réflexion plus large sur le modèle
agricole et sur les choix de consommation dans le mode capitaliste
contemporain. Bref, il s'agit de faire de ce sujet une question
politique, de choix de modèle agricole et de société.
«Méga-bassines, fermes-usines, même combat»
Il y a aujourd'hui en France moins de 400 000 agriculteurs, soit moins
d'1 % de la population active. Parmi eux, 25 % seront à la retraite en
2030 et, en seulement 3 ans, 40 000 fermes ont disparu, d'après
l'association Terre de liens. En s'agrandissant les fermes deviennent
par ailleurs de plus en plus difficiles à transmettre, faute d'apport de
capitaux nécessaires. 400 000 agriculteurs sensés produire une quantité
d'alimentation nécessaire pour nourrir 68 millions de personnes. Ce
modèle n'est évidemment pas soutenable. Pire, il organise une
concurrence impossible à tenir pour de petits producteurs qui se
retrouvent écrasés par les prix de ces géants du secteur. Pour répondre
à ce défi, au nom de la «souveraineté alimentaire», ce qui est
aujourd'hui en train de se produire dans les campagnes est une
concentration accélérée des terres agricoles au profit de puissants
industriels qui contrôlent tous les maillons de la chaîne de production:
des méga-bassines jusqu'au conditionnement du produit semi-fini, en
passant par la production d'alimentation animale et la valorisation des
fientes (vendues à des méthaniseurs pour transformées en engrais). La
Bretagne a servi de laboratoire au modèle d'élevage intensif, avec son
lot de maltraitance (des animaux comme des hommes) et de pollution qu'on
lui connaît. Demain ce modèle pourrait bien s'étendre à d'autres régions.
«De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins.»
Selon les derniers chiffres de l'aide alimentaire en France, 2,4
millions de personnes bénéficient de l'aide alimentaire fournie par des
associations, et on estime qu'un bénéficiaire potentiel sur deux n'y a
pas recours (par manque d'information, par honte...), ce qui porte
potentiellement le nombre de personne en précarité alimentaire à 5
millions. Repenser le modèle de production et de consommation
alimentaire est donc une nécessité, mais elle entremêle de nombreuses et
épineuses contradictions à dépasser. Comment orienter la production vers
ceux qui en ont besoin et mettre fin au gaspillage de ressources?
Comment garantir un revenu digne aux travailleurs de la terre, tout en
ne privant pas les classes populaires de l'accès à une alimentation de
qualité? C'est évidemment l'antagonisme fondamental du capitalisme, de
la répartition des richesses entre les profits et les salaires qu'il
faut soulever. Au regard des enjeux et de la faiblesse politique des
courants révolutionnaires, des solutions de compromis seraient
envisageables à court ou moyen-terme et commencent à voir le jour dans
le débat public comme la socialisation de l'alimentation, à travers une
sécurité sociale de l'alimentation. Des dispositifs sont d'ailleurs
actuellement en phase de test et si ces dispositifs se généralisent, ce
serait une première étape pour le combat contre les rapports marchands
associés à la nourriture... et à toutes les autres formes marchandes .
un militant du Collectif contre la ferme-usine de Vaugeton
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4612
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