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(fr) Monde Libertaire - Des idées et des luttes: Les communes de Paris et de Marseille
Date
Sun, 11 Jan 2026 18:17:19 +0000
La Commune de Paris par la voix d'une inconnue ---- La collection Voix
d'en bas des éditions Plein chant accueille des textes issus du monde
ouvrier. Le premier fascicule publié en 1970 a pour titre L'Ascension
écrit par l'ouvrier Lucien Bourgeois. Elle s'enrichit Des souvenirs de
Léontine Oudot avec en sous-titre La Commune, une affaire de famille.
Son style est bien celui du peuple, précis, émouvant, dénonciateur. Elle
nous présente sa famille, des ouvriers qualifiés, menuisiers en siège,
linotypistes. Un oncle ciseleur, membre de l'Association internationale
des travailleurs avec Camélinat monteur en bronze. La vie est dure dans
ce quartier du 11ème arrondissement, tant en termes d'hygiène que des
conditions de travail. Heureusement les bords de Marne ne sont pas loin.
---- La guerre est déclarée en 1870, Paris connaît son premier siège, la
faim, le froid. Certains passages du livre font songer à celui de
Victorine Brocher, Souvenirs d'une morte vivante. Léontine Oudot écrit
ce qu'elle voit avec ses yeux d'enfant et «Voici la Commune». Elle
écoute les adultes et relève que «la Commune a été vaincue par
l'espionnage et la trahison, l'on parlait beaucoup trop et l'on
n'agissait pas». Louise Michel fera un constat similaire. Le père de
Léontine est à Auteuil dans la Garde nationale, il faudra reculer. Les
Versaillais envahissent Paris. Elle décrit les incendies causés par les
bombes incendiaires lancées par ces mêmes Versaillais, les fusillades.
«Les pauvres combattants qui ont été pris dans le Père-Lachaise, on leur
fait creuser une tranchée, ils y descendent et la mitraille marche,
morts ou vivants, on jette de la chaux vive sur eux et on recouvre de
terre, c'est sur les pentes qui descendent vers le Mur des fédérés que
ces crimes ont été commis.» Là où se tiennent les anarchistes lors de la
commémoration de la Semaine sanglante.
Un engagement républicain profond
Revenons à Léontine et à sa famille. Il faut fuir la répression, ils se
réfugient à Saint-Maur puis ils reviennent sur Paris avec toujours la
crainte d'être dénoncés. Ouvriers de métier, la famille ne peut guère
s'éloigner des quartiers des métiers du bois, le faubourg Saint-Antoine.
Léontine devient doreuse sur bois, laqueuse. L'engagement républicain
reste profond dans la famille depuis l'Empire, elle suit le combat pour
l'amnistie. Fidèle à la Commune, elle repose à sa demande dans la 96ème
division du Père-Lachaise près du Mur des fédérés.
Notons comme à l'accoutumée, la qualité graphique de l'ouvrage, la mise
en page, marque de cette maison d'édition. Je renvoie au livre de Edmond
Thomas, Plein chant, Histoire d'un éditeur de labeur, Ed. L'Echappée,
2025, présenté dans la chronique Des idées et des luttes du 6 septembre
2025 sur le site du Monde libertaire. L'appareil critique d'Alain Faure
permet de comprendre les évènements et parfois de rectifier des
formulations trop floues de Léontine. En couverture, une lithographie de
Théophile Steinlen, des photographies des rues de Paris, la première
page manuscrite du cahier noir contenant les souvenirs de Léontine, une
écriture fine, régulière pour traduire ses souvenirs d'enfant et les
combats menés.
* La Commune, une affaire de famille
Les souvenirs de Léontine Oudot
Ed. Plein chant, 2025
Les nuances d'un drapeau
Il n'est pas de Commune que celle de Paris. Michèle Bitton dans son
nouvel ouvrage, après celui consacré à Gaston Crémieux, nous invite à
revivre ces journées de liberté et de luttes qui ont animé Marseille du
23 mars au 4 avril 1871. Son livre 1871 La Commune de Marseille, Du
drapeau rouge au bagne calédonien se caractérise par le sérieux de la
recherche et des références. Marseille comptait 300 000 habitants et son
rayonnement international grâce à son port en fait une ville essentielle
dans le pays. Dès la chute de Louis-Napoléon, la mobilisation
républicaine se traduit par des manifestations, des grèves. Fin mars
1871, Gaston Crémieux, avocat, journaliste à L'Egalité, appelle à la
solidarité avec Paris dans une réunion à l'Eldorado dès le 22 mars.
A partir des proclamations, des affiches, des articles de presse,
largement reproduits dans son ouvrage, Michèle Bitton expose les
positions au sein de la commission départementale provisoire des
Bouches-du-Rhône, installée à la préfecture et se substituant à
l'autorité préfectorale durant treize jours. Les divergences ne tardent
pas à apparaître avec les sensibilités animant la garde nationale de
Marseille, le conseil municipal. Les échanges entre Crémieux au nom de
la commission départementale et le conseil municipal démontrent les
défections rapides et les ralliements à l'autorité versaillaise. Dès le
26 mars, le général versaillais Espivent de la Villeboisnet organise ses
troupes en vue de l'état de guerre. Il n'y aura pas de pitié, le prélude
à la répression parisienne.
Il n'y aura pas de pitié
L'arrivée de trois délégués parisiens, militants de l'AIT, accueillis
aux cris de Vive Paris, Vive la République invite à une radicalisation
des positions. Thiers déclare le 1er avril: «L'armée va entrer en force
à Marseille et tout terminer». L'état de siège est proclamé le 3 avril,
les troupes versaillaises entrent dans la ville au cours de la nuit. La
division de la garde nationale empêche toute réaction efficace. Michèle
Bitton établit un lien avec l'offensive parisienne mal engagée sur
Chatillon et Clamart, l'assassinat d'Emile Duval général de la Commune
de Paris par les versaillais.
Après la conquête de la ville, l'armée garde le pouvoir, c'est la
justice militaire qui organise la répression pendant 5 ans, les
dénonciations vont bon train. Les premières condamnations à mort sont
prononcées le 28 juin 1871, au premier rang Gaston Crémieux fusillé le
30 novembre 1871. Puis des femmes sont inculpées et insultées, d'autres
acteurs seront déportés.
Michèle Bitton souligne le caractère radical et révolutionnaire de ce
mouvement, tout en relevant les maladresses et les atermoiements des
responsables. Un précieux travail de recherche et d'analyse.
* Michèle Bitton
1871 La Commune de Marseille,
Du drapeau rouge au bagne calédonien
Disponible en librairie à librairie Transit 51 Bd de la Libération,
13001 Marseille
https://monde-libertaire.net/?articlen=8782
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